Mondial 2026 : La bombe à retardement logistique de la FIFA
48 équipes, 3 pays continents, 104 matchs. Derrière le sourire marketing de Gianni Infantino, l'organisation de la prochaine Coupe du Monde en Amérique du Nord ressemble à un cauchemar diplomatique et écologique.
On nous a vendu « United 2026 » comme l'apogée de la fraternité nord-américaine, une trinité footballistique unissant le Mexique, les États-Unis et le Canada. Sur le papier, c'est beau comme un spot publicitaire de Coca-Cola. Mais ne soyons pas dupes. Si l'on gratte un peu le vernis marketing, ce format élargi à 48 équipes n'est pas seulement une overdose de matchs (104 au total, préparez le café), c'est surtout un défi structurel qui frôle l'aberration.
Le gigantisme, c'est la marque de fabrique de la FIFA actuelle. Mais a-t-on vraiment mesuré ce que signifie déplacer des milliers de supporters, de staffs et de VIPs à travers trois juridictions aux politiques migratoires radicalement différentes ?
« Ce n'est plus une compétition sportive, c'est une opération logistique de niveau militaire qui tente de se faire passer pour une fête de quartier. »
L'argument géopolitique est le premier à s'effriter. Officiellement, c'est une co-organisation. Officieusement ? C'est le show des États-Unis, avec le Canada et le Mexique en guests de luxe. L'Oncle Sam s'arroge la part du lion (et la finale, évidemment), laissant à ses voisins les miettes des poules. Mais le vrai problème n'est pas l'ego des nations, c'est la réalité du terrain. Contrairement au Qatar où tout tenait dans un mouchoir de poche (climatisé), ici, nous parlons d'un territoire grand comme un continent.
| Indicateur | Qatar 2022 | Amérique du Nord 2026 |
|---|---|---|
| Distance max entre stades | ~55 km | ~4 800 km (Vancouver - Mexico) |
| Nombre de fuseaux horaires | 1 | 4 |
| Passages frontières | 0 (une fois sur place) | Multiples et complexes |
Imaginez un instant le casse-tête pour un supporter lambda. Son équipe joue à Vancouver le lundi, puis à Guadalajara le vendredi. Entre les deux ? Des milliers de kilomètres, des visas potentiels et des coûts exorbitants. La FIFA promet une répartition par « clusters » régionaux pour limiter les déplacements en phase de poules. Mais dès les 16èmes de finale ? Ce sera le Far West aérien.
Et que dire de l'hypocrisie écologique ? (Oui, il faut en parler). Alors que le sport mondial se gargarise de neutralité carbone, ce format est une hérésie environnementale assumée. On va faire voler des délégations entières sur des distances transcontinentales tous les quatre jours. Le bilan carbone de cette édition risque de faire passer les stades climatisés du Golfe pour des sanctuaires de la biodiversité.
Enfin, reste la question sécuritaire et administrative. Les États-Unis ne sont pas connus pour la souplesse de leurs frontières. Comment gérer l'afflux de fans venant de pays avec lesquels les relations diplomatiques sont tendues ? Un visa pour le Mexique ne garantit pas l'entrée aux USA. On se dirige tout droit vers des incidents diplomatiques aux portiques des aéroports, pendant que la FIFA comptera ses milliards de recettes. Le football en sortira-t-il grandi ? Pas sûr. Mais plus gros, ça, c'est certain.
Tactique, stats et mauvaise foi. Le sport se joue sur le terrain, mais se gagne dans les commentaires. Analyse du jeu, du vestiaire et des tribunes.